JUSQU’AU 9 SEPTEMBRE 2018 : EXCURSION À OTTAWA ET EXPO À VOIR AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA!!

En programmation du Magazine radio In situ du 29 août 2018, un compte rendu de notre chroniqueur Robert Locas qui s’est rendu pour nous voir l’exposition au Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa qui suit et recommandée. Voir le texte  de Robert Locas, l’album photos et le retour plus bas diffusé à Radio Centre-Ville.

Trésors impressionnistes. La collection Ordrupgaard

Un regard nouveau sur l’impressionnisme

Décrié à son apparition dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le mouvement impressionniste a su, au fil des ans, prendre bien du gallon : il est depuis belle lurette une des formes d’expression artistique les plus appréciées. En témoigne éloquemment la place que le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) aussi bien que le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) ont cet été décidé de lui réserver. À première vue, ce choix peut sembler en être un de facilité, une façon simple d’attirer un public gagné d’avance qu’une thématique plus austère aurait au contraire pu repousser par ces temps de canicule. À la défense de ces institutions, soulignons cependant que la grande thématique proposée présente dans les deux cas un intérêt particulier, une « valeur plus ». À Québec, c’est un regard sur une grande oubliée qu’on nous propose avec Berthe Morisot, femme impressionniste. Comptant parmi les fondatrices du mouvement aux côtés des Monet, Degas et Renoir, Berthe Morisot n’a jamais pu atteindre la notoriété de ses prestigieux pairs malgré une production relevée. Le grand musée d’Ottawa, pour sa part, a fait preuve d’un certain non-conformisme en nous proposant Trésors impressionnistes. La collection Ordrupgaard. Avec cette présentation de L’art en France et au Danemark au XIXe et au début du XXe siècle, le MBAC établissait son intention d’élargir le concept d’impressionnisme. Il l’a fait d’abord en aménageant une toute petite place en ses murs à certains précurseurs du mouvement, comme Ingres et Delacroix. Il l’a fait encore et davantage en ajoutant aux 60 toiles impressionnistes françaises pas moins de 17 toiles danoises, certaines bien ancrées dans le XXe siècle.

Mentionnons que, dans un bel effort pédagogique, les autorités du Musée ont rendu disponible en entrée des salles un dépliant permettant aux visiteurs de situer les grandes époques artistiques depuis le néoclassicisme jusqu’au fauvisme. Dans le même esprit, ils ont préféré au simple cartel un court texte analysant brièvement chaque œuvre et la contextualisant. Le catalogue, enfin, est offert au prix modeste de 25 $.

Le corpus français de l’exposition se veut un véritable Who’s Who de l’impressionnisme : aux noms de Cézanne, Degas, Gauguin, Manet, Monet, Matisse, Pissarro, Renoir et Sissley s’ajoutent encore les Corot, Courbet, Redon… Berthe Morisot a même délaissé les cimaises de la Vieille Capitale pour venir l’espace d’un tableau tenir compagnie à Eva Gonzalès, autre artiste de l’atelier de Monet. Mentionnons que l’exposition rend un hommage vibrant à Corot en rapportant cette citation de Claude Monet (1897) : « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien. »

On appelle Âge d’or danois la période de renouveau artistique comprise entre les années 1818 et 1850. De retour d’Italie en 1818, en effet, Christoffer Wilhelm Eckersberg, nommé professeur à l’Académie royale des beaux-arts de Copenhague, va présider à l’élaboration d’un style danois caractérisé par des extérieurs lumineux, des intérieurs feutrés, des portraits et des scènes de vie quotidienne. De grands noms apparaîtront bientôt au panthéon national : Christen Købke, Vilhelm Hammershøi, Laurits Andersen Ring, Peter Christian Thamsen Skokvgaard… Les œuvres exposées à Ottawa offrent entre autres choses aux regardeurs de subtils clairs-obscurs, des intérieurs feutrés transpercés de lumière et même une originale perspective de portes ouvertes en enfilade…

Durement frappé en début de XIXe siècle par la guerre, c’est un Danemark grandement affaibli qui aura su se relever pour amorcer à compter de la moitié du siècle une révolte sociale et économique qui en fera une société moderne et prospère. Wilhelm et Henny Hansen incarnent bien cette résilience et ce renouveau; c’est à eux que l’on doit la constitution, entre 1892 et 1931, de la collection Ordrupgaard, du nom de leur résidence en banlieue de Copenhague. À Ordrupgaard, les œuvres françaises occupaient une annexe alors que les œuvres locales étaient accrochées dans la maison même. Le MBAC a respecté cette forme d’accrochage en regroupant les tableaux danois en fin d’exposition. Grands amis de l’art, les Hansen ont dès 1918 ouvert leur résidence aux visiteurs à raison d’un jour par semaine; léguée à l’État après leur mort, Ordrupgaard est devenue musée en 1953.

Organisée par Erika Dolphin, conservatrice associée du Musée des beaux-arts du Canada, l’exposition se termine le dimanche 9 septembre.

texte : Robert Locas

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