DEUX FILMS À L’AFFICHE, AXÉS SUR LE PROCESSUS CRÉATIF, AUX CINÉMAS BEAUBIEN OU DU PARC !

FILM RODIN :

En programmation du Magazine radio In situ du  27 juin 2018, un retour sur le film Rodin du cinéaste Jacques Doillon, à l’affiche actuellement au Cinéma Beaubien. Un film dédié au Maître de la sculpture et à son rapport à l’art, parfois fort inspiré, parfois tourmenté.

Un film qui pourrait se rapprocher du huis-clos, le cinéaste ayant fait le choix de filmer avant tout le travail accompli en atelier et les étapes difficiles de réalisation de certaines oeuvres phares, telles que La porte de l’enfer et l’hommage à Balzac, oeuvre qu’il ne parviendra pas à finaliser avant 10 ans. Autour de l’atelier, qui est un univers en soi,  se greffe une galerie de personnages, dont le personnage principal est l’élève Camille Claudel, qui deviendra une des rares femmes artistes réputées à l’époque, qui devra se battre pour la reconnaissance de son talent et de la valeur de ses oeuvres crées.

Rappelons brièvement que Rodin a vécu de 1840 à 1917 une enfance difficile dans une famille pauvre. Il a été myope et ses résultats scolaires étaient à ce moment médiocres. Il a essuyé trois refus au concours d’entrée des Beaux-Arts. Son ascension vers le succès et la reconnaissance a été lente. Il restera fragile aux dépressions. Sa vie amoureuse a été exhaltante et tourmentée, particulièrement avec son élève, muse et modèle Camille Claudel qui aspire à devenir artiste.

Le plus souvent, les films font peu ou insuffisamment de place au processus créatif, à l’exécution des oeuvres et à la pensée de l’artiste, privilégiant plutôt les sources d’inspiration, ainsi que la vie de l’artiste et ses rebondissements. Voilà donc un film qui contentera les passionnés d’arts visuels et d’histoire de l’art. De plus, on habite le temps du film, un atelier de l’époque de Rodin. Le jeu de l’acteur principal Vincent Lindon est intense et convaincant, dans le rôle de cet artiste qui ne souhaite faire aucun compromis dans ses choix artistiques, malgré les commandes lucratives.

La passion amoureuse que vit Rodin avec Camille Claudel est captivante et émouvante, mais se termine abruptement  à mi-chemin du film. Le personnage ne réapparaît plus par la suite, mais Rodin visitera une exposition de Camille Claudel et aura des nouvelles de celle-ci. Nous apprenons alors que Rodin continuera de subvenir aux besoins de base de Camille Claudel dans l’anonymat. Le film souffre de quelques autres faiblesses. Plusieurs  des personnages du film ( Monet, Cézanne, Mirbeau, pour ne nommer que ceux-là) sont trop peu développés et on prend peu le pouls de la société qui évolue autour de Rodin.

Texte : Chantal L’Heureux

UN FILM RECOMMANDÉ PAR IN SITU !

CÔTE SUR 10 DE 7 1/2 DE LA PART DE PIERRE ARCHAMBAULT

CÔTE SUR 5 DE 3 1/2 DE CHANTAL L’HEUREUX

Pour en savoir plus, sur la critique notamment du chroniqueur Pierre Archambault qui a participé au retour, vous pouvez cliquer le retour qui suit diffusé à Radio Centre-ville 102,3.

 

DOCUMENTAIRE DESIGN CANADA :

Communiquer une réalité complexe de façon simple, laisser tomber ce qui ne supporte pas le message, condenser une imagerie. Voilà quelques-unes des façons dont le design graphique se voit définir dans Design Canada. Plus encore le documentaire de Greg Durrell s’interroge à savoir si le Canada de l’après-guerre a simplement su créer une série de symboles puissants ou si ce ne sont pas plutôt ces symboles qui ont créé le Canada.

La démarche du réalisateur s’appuie entre autres sur les interventions d’une flopée de graphistes que leurs réalisations ont, à des degrés divers, mis à l’avant-plan de cet art indissociable des temps modernes. Le film se complète bien sûr de l’examen de quantités de logos des plus variés mais aussi de films d’archives, le document se faisant fort de situer le design graphique canadien dans le contexte des grands mouvements socio-politiques que le Canada a connu depuis les années 1960.

Dès 1963, en effet, le premier ministre Lester B. Pearson proposait aux Canadiens l’adoption d’un nouveau drapeau. Cette décision de remplacer le Red Ensign, mal reçue par certains attachés à la tradition britannique, s’avéra au contraire fort populaire auprès de la masse de ceux désireux de définir un nouveau Canada. L’engouement fut tel, à vrai dire, qu’il donna lieu à quantité de propositions…, pas toutes heureuses comme on peut d’ailleurs le voir dans le document. Le comité responsable de la sélection finale opta bien sûr pour l’unifolié que nous connaissons aujourd’hui, mais non sans qu’il ait au préalable été revampé par les mains expertes de Jacques Saint-Cyr. L’intervention, illustrée à la caméra, donne une bonne idée de la nature même de l’art subtil du graphisme.

Les années qui suivirent devaient aussi s’avérer riches en événements majeurs. L’année 1967 fut particulièrement féconde, l’exposition universelle de Montréal et les célébrations du centenaire du Canada donnant naissance à deux créations des plus célèbres. Ces logos occupent d’ailleurs respectivement les première et deuxième place sur l’affiche promotionnelle de Design Canada. Le premier, œuvre de Julien Hébert, représente l’Expo 67, avec son « cercle planétaire » surmonté de paires d’êtres humains stylisés, bras grands ouverts; le second, œuvre de Stuart Ash, se veut une représentation simplifiée de l’emblématique feuille d’érable stylistiquement reconstituée au moyen de 11 triangles. Suivirent la série Canada-Russie, au hockey, ainsi que les jeux olympiques de Montréal et de Vancouver, deux grands événements ayant aussi contribué à l’essor du graphisme au Canada. On retiendra de cette époque le nom de Georges Huel, responsable du logo représentant les jeux de 1976.

En fermeture, Design Canada illustre le travail de graphistes aimant recourir à l’illustration pour conférer à un logo une touche particulière. Il questionne aussi cette tendance à sans cesse chercher à renouveler une identification graphique même bien établie. Le résultat ne s’avère pas toujours heureux, souligne-t-on, citant en exemple le cas du trillium ontarien.

 

 

Design Canada limite son survol de l’évolution du graphisme au Canada au secteur corporatif, publique ou privé. Il ne tient aucun compte de la révolution graphique qu’a pu entraîner le mouvement psychédélique, par exemple.

Design Canada complète actuellement sa tournée de différentes salles à travers le Canada. On peut le voir à Montréal au Cinéma du Parc, en version originale anglaise sous-titrée en français.

Texte : Robert Locas

UN FILM RECOMMANDÉ À L’AFFICHE AU CINÉMA DU PARC!

ET VOUS POUVEZ ÉCOUTER LE COMPTE RENDU DIFFUSÉ AU MAGAZINE RADIO IN SITU DU 4 JUILLET 2018, EN CLIQUANT LE LIEN QUI SUIT :

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