RETOUR SUR LA TROISIÈME ÉDITION DU GALA ARTS VISUELS:

La troisième édition du gala arts visuels, qui a eu lieu au Théâtre Rialto le 10 décembre 2014, s’avère avant tout un franc succès de mobilisation. En effet, la collaboration de l’Association des Galeries d’Art Contemporain (AGAC), le Regroupement des Artistes en Arts Visuels (RAAV) et le Regroupement des Centres d’Artistes Autogérés du Québec (RCAAQ) a été en soi tout un événement et a réussi à remettre  sur pied une organisation d’ampleur et des plus nécessaires à la visibilité des arts visuels. La presse écrite a été au rendez-vous, au contraire des médias grand public, tels que la radio et la télévision, ce qui n’est pas étonnant. C’est un objectif d’ailleurs qui souhaite être atteint par le RAAV lors des prochaines éditions, tel que mentionné par celui-ci, questionné après le gala.

Les prix et la bourse remis étaient plutôt prévisibles, si on tient compte de l’évolution du réseau d’artistes, commissaires, galeristes et conservateurs/trices les plus influents des deux dernières années.  On ne peut que penser à l’artiste multidisciplinaire  Patrick Bernatchez, récipîendaire du prix Louis Comtois de mi-carrière, qui se prépare à une grande exposition solo au MAC en octobre prochain et à Julie Favreau, prix Pierre Ayot/jeune artiste qui a obtenu l’importante bourse de fin d’études supérieures en art contemporain Claudine et Stephen Bronfman, en plus d’avoir été le Nouveau visage Arts visuels de La Presse en 2012. Voir tous les lauréats au lien suivant:  http://www.galadesartsvisuels.com/laureats/ .

Parmi les belles surprises: le prix du meilleur événement ou exposition en centre d’artistes autogéré/région de Montréal, accordé à l’événement Écritures publiques du Centre DARE-DARE et l’oeuvre d’art public éphémère  Courtepointe de Philippe Allard et Justin Duchesneau(2012) à la Fonderie Darling (prix soumis au vote du public, auquel 1000 personnes ont participé cette année). Ces prix accordés démontrent de l’audace et de la volonté de la part de la communauté artistique d’encourager les forces vives et créatrices émergentes ou qui l’étaient encore dans un passé récent.

D’autre part, certains prix devaient être remis  incontestablement, en raison de la qualité, de l’impact et de la pertinence de l’événement, en particulier,  celui de la meilleure expo solo/Galerie privée à Nicolas Baier,  qui a alors exploré l’approche du physicien et celui de la meilleure expo en musée, galerie universitaire ou fondation/Art québécois à l’événement L’oscillation du visible/Olivia Boudreau/Galerie Leonard & Bina Ellen/commissaire: Michèle Thériault.

L’hommage des plus justifiés  rendu à madame Françoise Sullivan par deux personnes proches et supportantes de l’artiste de longue date, le galeriste Simon Blais qui la représente et la directrice de la Galerie de l’UQAM, Louise Déry, a été émouvant. Rappelons toute la contribution de madame Françoise Sullivan, à la fois sculpteure, peintre, pionnière de la danse moderne au Québec, chorégraphe et professeure, en plus d’avoir été cosignataire du manifeste du Refus global en 1948.  Une contribution maintes fois déjà récompensée. Sa célèbre performance Danse dans la neige, ayant eu lieu au pied du Mont St-Hilaire, aura marqué l’histoire des arts visuels et de la danse et a encore fait l’objet d’une exposition bilan récente à la Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce il y a tout juste un an (Entre danse, vidéo et peinture de Françoise Sullivan et Mario Cloutier).

Le gala arts visuels a plutôt bien relevé le défi cette année, mais a opté pour réduire le nombre de lauréats, éliminant donc cette année des catégories d’importance et hautement représentative de la réalité de l’artiste, telles que les blogues et initiatives sur le web (quand on connaît le développement fulgurant sur le web et à quel point, le web soutient l’artiste visuel dans sa carrière!!). À ceci,  s’ajoute, l’absence d’année en année d’une catégorie magazines,  un média pourtant tout autant supportant et d’intérêt pour les artistes.  À déplorer aussi,  que la catégorie critique d’art médias n’ait pas été reconduite.  L’émission Les contemporains à ARTV aurait pu aussi être soulignée dans le cadre d’une nouvelle catégorie (succès média, aux côtés de la Foire Papier), ce qui aurait pu aider à la présence de la télévision au gala.  Pas étonnant,  que certaines personnes importantes du milieu arts visuels aient brillé par leur absence et qu’il n’y ait pas eu foule cette année au gala, ce qui était toutefois à prévoir après une année d’interruption du gala.

Espérant que les prochaines éditions feront les ajustements nécessaires, afin que le gala puisse mieux représenter encore la réalité de la majorité des personnes composant le milieu arts visuels et afin que le gala puisse se démarquer et se faire une place durable dans le paysage médiatique.  D’autre part, l’artiste a aussi à s’interroger sur son rapport avec le gala arts visuels,  un événement qui ne peut qu’aider au nécessaire développement du marché de l’art au Québec.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s